Le Groupe d’Action Financière (GAFI) a entamé, ce jeudi 7 juillet 2025 à Ouagadougou, une mission d’évaluation du dispositif burkinabè de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Cette mission intervient alors que le Burkina Faso, inscrit sur la « liste grise » du GAFI depuis 2021, souhaite être retiré de cette liste grâce aux réformes entreprises ces dernières années.
La cérémonie d’ouverture de cet atelier de 72 heures a été présidée par le ministre de l’Économie, Dr Aboubakar Nacanabo, en présence du ministre de la Sécurité, le Commissaire Mahamadou Sana, et de son homologue de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala.
Trois ans de réformes pour sortir de la « liste grise ». Depuis son inscription sur la liste grise, le Burkina Faso a collaboré étroitement avec le GAFI et le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) pour améliorer son cadre réglementaire et institutionnel. L’objectif : renforcer l’efficacité de ses mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La mission actuelle du GAFI vise donc à apprécier, sur le terrain, l’impact concret des mesures prises par le pays. Un enjeu de souveraineté et de stabilité; S’exprimant lors de l’ouverture des travaux, Dr Aboubakar Nacanabo a souligné les enjeux cruciaux de cette évaluation. « Assécher les sources de financement du terrorisme est une priorité. Si nous parvenons à maîtriser cette problématique, nous pourrons affaiblir durablement les réseaux terroristes », a-t-il déclaré.
Le ministre de l’Économie s’est dit confiant dans la solidité du dispositif mis en place, tout en insistant sur la volonté du Burkina d’être jugé équitablement : « Le Burkina Faso ne demande pas à être vu avec sympathie, il demande à être vu avec justice. » Il a rappelé que les autorités n’avaient rien dissimulé ni esquivé, et que les réformes engagées témoignaient d’un engagement profond en faveur de la transparence, de l’intégrité et de la rigueur.
Deux axes clés d’évaluationLa co-présidente du GAFI, Yonesha Sahye, a précisé que les évaluateurs se pencheront sur deux points essentiels :
1. La mise en œuvre effective et durable des réformes engagées ;
2. L’existence d’un engagement politique de haut niveau pour maintenir et renforcer le dispositif LBC/FT. Elle a salué les efforts du Burkina Faso, en particulier : La mise en place de réformes clés et de mécanismes de suivi opérationnel de la stratégie nationale LBC/FT ; Le renforcement de la coopération internationale, notamment l’entraide judiciaire ; La consolidation des capacités humaines et techniques des autorités de supervision ; L’amélioration du système de sanctions en cas de manquement aux obligations de transparence ; La mise à jour régulière des données sur les bénéficiaires effectifs ; Le développement de formations spécialisées et le recrutement de nouveaux agents ; La diversification des déclarations d’opérations suspectes ; Le renforcement des capacités d’enquête et de poursuite en matière de financement du terrorisme ; L’adoption d’un cadre juridique pour l’application des sanctions financières ciblées ; Et la supervision des organisations à but non lucratif selon une approche fondée sur les risques. Vers une sortie imminente de la liste grise ? Selon Mme Sahye, si les conclusions de la plénière, à l’issue des trois jours de travaux, confirment la présence effective des réformes et l’engagement politique du pays, le Burkina Faso pourrait être officiellement retiré de la liste grise. Une décision qui sera alors formalisée dans une déclaration politique. Une participation internationale.
Cette évaluation regroupe des experts de haut niveau venus de plusieurs pays et institutions, dont :la Commission bancaire de l’Afrique centrale,le Maroc, la Lettonie, l’Inde, les Émirats Arabes Unis, la Zambie, l’Ouganda, les États-Unis,ainsi que des membres du secrétariat du GIABA et du GAFI.
